PARTIE 09 - LE DOUTE
MIEL DE MON COEUR
Nous marchons main dans la main le long du couloir feutré de l'hôtel, direction notre suite. Mon cœur bat à un rythme effréné, presque douloureux. Un an de silence, de doutes et de larmes s’apprête à s’effacer derrière cette porte. Aziz pose ses yeux sombres sur moi, il sent mon trouble, ma main qui tremble légèrement dans la sienne. Doucement, il me tire contre lui, passant son bras protecteur autour de ma taille.
— Ne sois pas nerveuse, ma princesse, murmure-t-il à mon oreille d'une voix chaude. Je suis là, maintenant et lus rien d'autre n'existe !
Ses paroles font vibrer une corde sensible en moi, le monde extérieur s'est arrêté mais alors qu'il glisse la carte magnétique dans la serrure, mon téléphone se met à vibrer dans la poche de ma robe, c'est Amsatou. Je décroche, la voix un peu nouée...
— Allô ?
À l’autre bout du fil, j’entends immédiatement le rire étouffé et complice de ma belle-sœur.
— À en juger par ta voix, j'appelle au mauvais moment ! s'amuse-t-elle. Écoute, ma petite sœur, j’ai glissé dans la petite valise que je t’ai confiée quelques secrets de femmes... des parfums et des choses qui, je l'espère, plairont à ton mari. Bonnes retrouvailles et soyez sages !
Elle raccroche dans un éclat de rire.
— Qu'est-ce que ma sœur te racontait ? demande Aziz en refermant la porte de la suite derrière nous, m'isolant enfin du reste de la terre.
— Des secrets de filles, répondis-je dans un sourire en m’esquivant vers le dressing.
J'ouvre la valisette d'Amsatou, à l'intérieur, des flacons de senteurs traditionnelles raffinées et une lingerie de soie noire d'une élégance rare. Je prends le temps de me rafraîchir, le cœur battant. Lorsque je me préparais dans la pièce, Aziz est debout près de la baie vitrée, contemplant l'océan qui s'assombrit, il se retourne, son regard s'embrase en me voyant.
Il s'approche lentement, sans un bruit et vient se placer juste derrière moi, ses mains de styliste, d'une douceur infinie, trouvent le fermoir de ma robe. Un frisson me parcourt l'échine alors que le tissu glisse le long de mon corps, révélant la soie noire. Son souffle chaud effleure mon dos nu, ses lèvres y déposant des baisers légers, remontant de ma cambrure jusqu'à la naissance de mon cou. Je ferme les yeux, abandonnant toutes mes défenses.
— Tu m'as tellement manqué Marianne... souffle-t-il, ses bras m'enveloppant par-derrière pour me coller contre sa poitrine.
Il me fait pivoter doucement pour chercher ma bouche, ce baiser n'a plus rien de la retenue des mois passés, c'est une caresse affamée, passionnée, une promesse de rattraper le temps perdu, mes jambes fléchissent sous l'intensité de l'émotion. Devant mon vertige, Aziz me soulève avec une infinie délicatesse pour me déposer sur le grand lit blanc.
Il s'allonge à mes côtés, son regard ancré dans le mien, il n'y a plus de place pour la colère ou les non-dits. Dans la pénombre de la suite, sous le rythme régulier des vagues de Mbour, nos corps se redécouvrent avec une ferveur neuve, mûrie par l'absence. Chaque caresse est un pardon, chaque murmure est un aveu. Quand il s'unit enfin à moi, c'est un raz-de-marée d'émotions qui me tire un cri du cœur. Nous nous laissons emporter ensemble par cette vague, scellant notre réconciliation dans l'intensité de cette nuit magique.
Plus tard, après avoir accompli nos grandes ablutions, nous déroulons nos nattes de prière côte à côte pour la prière du Maghrib et de l'Isha. Le calme après la tempête, une fois les salutations finales prononcées, Aziz s'assied, adossé au lit en djellaba blanche et me fait signe de le rejoindre. Je viens me blottir entre ses jambes, ma tête posée contre son torse.
— Tu m'as manqué, Aziz... mais j'ai tellement souffert, commence-je, la voix soudain lourde d'une émotion contenue depuis des mois. Tu pars pour Paris en me mettant devant le fait accompli. Tu choisis ton avenir, tes dossiers, ton Barreau, sans te demander une seconde ce que je vais devenir, seule dans cette immense maison !
Aziz resserre ses bras autour de moi, poussant un long soupir contre mes cheveux.
— Ce n'était pas un simple malentendu, Aziz, réplique-je en me redressant pour le regarder droit dans les yeux, les larmes aux bords des cils, c'était de la frustration. Tu es loin et pourtant tu veux tout contrôler à distance à travers un écran, je me suis sentie étouffée, coincée entre tes exigences et ma solitude ici. Mon seul réconfort pour ne pas sombrer, ce sont mes études. Si je me tue à la tâche pour être Major de ma promotion, ce n'est pas pour te fuir, c'est pour me prouver et te prouver, que je suis capable de bâtir ma propre valeur pendant que tu bâtis la tienne ! Je veux que nous soyons des partenaires égaux.
Aziz me regarde, le visage marqué par une surprise mêlée d'un profond respect. Il prend mes mains dans les siennes, ses yeux brillant d'une sincérité totale.
— Tu as raison ma princesse, la distance nous rend paranoïaques. Je m'enferme dans mes dossiers, tu te mures dans tes cahiers et on oublie de se parler. Je ne veux pas te contrôler, je veux juste te protéger parce que tu me manques cruellement. Major de promotion... tu n'as rien à me prouver, tu as toujours été une femme exceptionnelle, c'est pour ça que je t'ai choisie. Mon départ n'est pas un abandon, c'est un investissement pour notre avenir. Je veux réussir pour que nos enfants n'aient jamais à vivre dans le besoin, pour que tu sois fière de moi !
Ses mots agissent comme un baume sur mes blessures, les reproches accumulés pendant un an s'évaporent enfin dans la tiédeur de la chambre.
— Balma akh (Pardonne-moi) pour mon silence et mes caprices, Aziz... murmure-je, laissant une larme couler sur ma joue. J'ai juste eu tellement peur que la distance finisse par t'éloigner de moi !
— Balma akh aussi, ma reine, répond-il en essuyant ma larme du bout du pouce avant de m'embrasser le front. C'est le lot de tous les couples de traverser ces tempêtes. Mais notre bloc est ressoudé plus rien ne peut nous diviser à présent.
— Pourtant, tu as joué les prolongations avec ton silence pendant presque un an, me taquine-t-il doucement en déposant un baiser sur mes cheveux.
— Balma akh (Pardonne-moi), mon amour. Je te promets que ce silence est définitivement rompu !
— J'espère bien, sourit-il. Alors, dis-moi... tu as aimé la surprise de maman ?
— Je ne m'y attendais absolument pas, vous avez orchestré ça comme de parfaits complices mais je suis la femme la plus heureuse ce soir !
...
Le lendemain matin, les rayons du soleil de huit heures traversent les rideaux. Je me réveille en sursaut, trouvant Aziz déjà habillé, un air moqueur sur le visage.
— Alors ma grande étudiante, il paraît que tu as dormi comme si tu devais rattraper trois années d'informatique en une seule nuit ? plaisante-t-il.
— C’est de ta faute ! Ma voix est toute enrouée et j'ai l'impression d'avoir couru un marathon, réplique-je en me cachant sous les draps.
Il éclate de rire et vient s'asseoir au bord du lit, me tendant un verre de jus de fruits.
— C'est le prix de la réussite Major de promotion ! Allez viens, le petit-déjeuner nous attend sur la terrasse !
Installés face à l'immensité de la mer, dégustant des grillades de poulet et des fruits frais, la complicité est totale. Marianne, libérée de ses peurs, décide de jouer la carte de la séduction. Elle s'approche d'Aziz, s'assoit sur ses genoux et plonge son regard dans le sien, une lueur audacieuse dans les yeux. Elle passe sa main sur son épaule, brisant sa timidité habituelle.
— Dis-moi Aziz... est-ce que la vie parisienne t'a fait oublier à quel point ta femme peut être entreprenante ? demande-t-elle d'un ton taquin.
Aziz la regarde, d'abord surpris par cette assurance nouvelle puis un sourire charmé et fier étire ses lèvres. Il la saisit par la taille, fasciné par la femme mûre et confiante qu'elle est en train de devenir sous ses yeux.
— Je vois que ma petite princesse a pris de l'assurance en mon absence, répond-il, la voix soudain plus basse.
Marianne sourit, le cœur léger, savourant sa victoire. Ce séjour à Mbour n'est pas seulement celui des retrouvailles physiques, c'est l'acte de naissance d'un couple d'adultes, forts, complices et prêts à affronter ensemble les venins qui les attendent au retour à Dakar.
Le lendemain matin, la terrasse de notre suite baigne dans une lumière éclatante. Face à l'océan, nous partageons un petit-déjeuner idyllique, bercé par les rires et une complicité retrouvée. Le poulet, les fruits frais, les regards en coin... tout semble parfait. Une fois le repas terminé, Aziz se lève pour aller prendre sa douche, me laissant seule face à la mer, le cœur léger.
Quelques minutes plus tard, alors que le bruit de l'eau résonne dans la salle de bain, le téléphone d’Aziz, posé sur la table en verre, s'allume. Un signal sonore retentit, par simple curiosité, sans aucune arrière-pensée, je jette un coup d'œil à l'écran.
Mon sang ne fait qu'un tour, les mots s'affichent sur l'écran de verrouillage, nets, tranchants comme des lames
« Aziz, tu es bien arrivé à Dakar ? Tu me manques déjà... Sache que je t'aime énormément !»
Une décharge électrique traverse tout mon corps, ma respiration se bloque, la bulle de bonheur de Mbour éclate en mille morceaux. Une colère noire, sourde et dévastatrice s’empare de moi, mes mains se mettent à trembler de rage. Je saisis le téléphone, entre le code de déverrouillage que je connais par cœur et ouvre immédiatement la discussion.
Là, c'est le second coup de massue, le fil de la conversation est parsemé de vides, des messages ont été supprimés. Des pans entiers de leurs échanges ont disparu, effacés à la hâte, c’est la preuve irréfutable d’une trahison préméditée, d'un secret qu'on a voulu me cacher.
La douleur se transforme instantanément en une fureur incontrôlable, je me lève d'un bond, le téléphone serré à en avoir les phalanges blanches. Je traverse la chambre comme une furie, me dirige vers la salle de bain et commence à marteler la porte de coups de poing violents, sauvages.
— Aziz ! Sors de là ! Aziz, sors immédiatement ! hurle-je, la voix brisée par la rage et les larmes qui montent.
Le bruit de l'eau s'arrête brusquement, la porte s'ouvre quelques secondes plus tard, révélant Aziz, une serviette nouée autour de la taille, les cheveux encore mouillés, le visage décomposé par l'incompréhension.
— Marianne ? Qu'est-ce qui se passe...
Je ne lui laisse même pas le temps de terminer sa phrase, je lui jette le téléphone au visage, les yeux injectés de sang.
— Ne prononce même pas mon prénom, espèce de menteur ! Tu es un monstre, Aziz ! Un sale menteur ! C’était donc ça ta solitude à Paris ? C’était ça tes nuits blanches à réviser tes codes ? Tu te payais ma tête pendant que je me morfondais !
— Marianne attends, écoute-moi, ce message je ne sais pas... tente-t-il d'expliquer en tendant les mains vers moi, le regard paniqué !
— Yaw nopil amo lo waax ! Tais-toi ! Je ne veux plus jamais entendre tes mensonges ! Tu as supprimé des messages Aziz ! Tu as effacé les preuves de ton infidélité ! Tu me dégoûtes !
Il essaie de me retenir par le bras, de chercher mon regard pour me calmer mais la fureur me donne une force surhumaine. Je me dégage violemment, refuse de l'écouter et recule vers la porte de la suite, sans lui jeter un dernier regard, je saisis mon sa ouvre la porte et sors de la chambre en courant, le laissant seul au milieu de la pièce, incapable de me rattraper.
Les portes de l'ascenseur s'ouvrent dans un tintement métallique léger qui résonne comme une provocation dans ma tête. Je m'y engouffre, les larmes aveuglant ma vue, la poitrine compressée par une douleur indicible. C'est à ce moment précis que je percute une silhouette, je lève des yeux noyés de chagrin et croise le regard d'Amsatou, qui s'apprête à monter.
En me voyant dans cet état, le visage décomposé et les mains tremblantes, son sourire s'éteint instantanément. L'inquiétude s'empare de ses traits.
— Marianne ? Mon Dieu, qu'est-ce qui se passe ? Pourquoi tu es dans cet état ? demande-t-elle en me saisissant par les épaules.
La gorge nouée, les lèvres tremblantes, il m'est totalement impossible de décrocher un seul mot, les sons restent bloqués dans ma gorge. Face à sa bienveillance, mes dernières forces m'abandonnent, mes jambes se dérobent et je m'effondre de tout mon long dans les bras d'Amsatou, éclatant en sanglots, des pleurs lourds, bruyants, qui trahissent la mort de mes illusions.
— Hé hé calme-toi, je suis là... murmure-t-elle en m'entourant de ses bras protecteurs, me serrant fort contre elle tandis que l'ascenseur descend vers le rez-de-chaussée.
Lorsque les portes s'ouvrent à nouveau sur le hall de l'hôtel, Aziz surgit de nulle part, essoufflé, les vêtements enfilés à la hâte, le regard fou de panique. Il nous repère immédiatement...
— Marianne ! S'il te plaît écoute-moi, ce n'est pas ce que tu crois ! lance-t-il en s'élançant vers nous, les mains tendues.
À cet instant, Amsatou change de visage, sentant ma détresse et mon corps qui se contracte de refus contre elle, elle se retourne d'un bloc et dresse son bras comme un rempart infranchissable entre son frère et moi. Ses yeux lancent des éclairs.
— Yaw lane nga def ki ? Qu'est-ce que tu lui as fait ? Aziz recule ! Ne t'approche pas d'elle ! tonne-t-elle d'une voix qui n'admet aucune réplique.
— Amsatou mêle-toi de ce qui te regarde, c'est entre ma femme et moi ! réplique Aziz, hors de lui, tentant de contourner sa sœur pour attraper ma main.
— Je me mêle de ce que je veux ! Regarde dans quel état tu la mets ! Tu recules tout de suite ou je m'en mêle pour de bon ! hurle Amsatou en le repoussant fermement de la poitrine.
Profitant de ce rempart, Amsatou passe son bras sous ma taille pour me soutenir et m'entraîne de force vers la sortie de l'hôtel, me protégeant de ses larges épaules. Derrière nous, Aziz crie mon nom, impuissant, bloqué par le regard noir de sa propre sœur qui me fait monter à bord de sa voiture.
Amsatou démarre en trombe, les pneus crissent sur le gravier de l'hôtel. Je plaque ma tête contre la vitre, les larmes aveuglant ma vue, la poitrine compressée par une douleur indicible mais nous n'avons même pas le temps de franchir la grande barrière du domaine qu'une berline noire surgit de nulle part et vient barrer brutalement la route dans un grand coup de frein.
C'est Aziz, il est sorti de l'hôtel à l'arrière d'un taxi de l'établissement avant de récupérer sa voiture de location. Il sort du véhicule comme un lion, le visage fermé et marche droit vers nous.
Amsatou outrée mais Aziz ne lui laisse pas le temps de protester. Il ouvre d'un coup sec la portière côté passager, attrape mon bras avec une fermeté qui ne tolère aucune fuite et me force à descendre sous les yeux ronds de sa sœur.
— Descends Marianne ! On va régler ça ici et maintenant, ordonne-t-il, la voix tremblante de rage et de panique mêlées.
— Lâche-moi ! Tu me dégoûtes, Aziz ! Tu es un sale menteur ! hurle-je en tentant de me défaire de sa poigne sur le bas-côté de la route.
— Ne me traite plus jamais de menteur ! tonne Aziz, sa propre colère éclatant enfin, ses yeux plantés dans les miens. Ne me parle pas sur ce ton Marianne ! Tu ne sais rien et tu juges déjà !
— Ah bon ? Je ne sais rien ? Et le message sur ton écran ? Et tous les messages supprimés dans la discussion, c'est aussi mon imagination ? Tu t'es bien moqué de moi à Paris pendant que je crevais de solitude ici !
— C’est une camarade de promotion ! hurle-t-il pour couvrir mes cris, le visage rouge de frustration. C’est une fille qui me colle aux basques depuis des mois, qui me drague ouvertement et que je repousse sans cesse ! Il n’y a jamais rien eu entre elle et moi Marianne !
— Alors pourquoi avoir effacé ses messages si tu n'as rien à te reprocher ? C’est trop facile Aziz ! Tu as nettoyé les preuves pour que je ne voie rien !
— J’ai supprimé ses messages parce que ses déclarations me rendaient malade, parce que je ne voulais pas que ces bêtises polluent mon téléphone et que ma femme tombe dessus par accident et se fasse des idées ! Voilà pourquoi ! Mais puisque tu refuses de me croire...
Dans un geste rageur, Aziz plonge sa main dans sa poche, sort son téléphone et déverrouille l'écran à toute vitesse. Ses doigts tapent frénétiquement sur le clavier, il active le haut-parleur et brandit l'appareil entre nous deux.
La tonalité retentit, Amsatou sortie de la voiture, observe la scène en silence, le visage tendu. Au bout de trois sonneries, une voix féminine, un brin mielleuse, répond à l'autre bout de la ligne...
— Allô Aziz ? Tu es bien arrivé à Dakar ?
— Écoute-moi bien et écoute-moi une bonne fois pour toutes, commence Aziz, sa voix tremblante. Je suis chez moi, au Sénégal avec ma femm ! Marianne est la seule et unique femme de ma vie ! Je t'ai déjà dit mille fois de me laisser tranquille et d'arrêter tes délires ! Ton comportement me fatigue, tes messages me dégoûtent et je te demande de ne plus jamais, tu m'entends, plus jamais m'écrire ou m'appeler en dehors des cours, cest bien clair ?
Un silence de mort s'installe à l'autre bout du fil, suivi d'un bégaiement confus :
— Aziz je... je m'excuse... je ne voulais pas...
Aziz ne lui laisse pas le temps de terminer et raccroche brutalement, coupant la communication. Il me regarde, le souffle court, la poitrine soulevée par l'effort et la colère, il me tend le téléphone, les mains tremblantes.
— Tu vois ? Tu as entendu ? C'est elle que j'aime ou c'est toi ? Un an Marianne ! Un an que je crève de faim et de solitude à Paris pour nous construire un avenir et tu penses que je vais tout gâcher pour une fille de ma promo dont je n'ai rien à faire ? C'est ça la confiance que tu as en moi ?
Mes cris s'éteignent d'un coup, ma colère s'effondre, remplacée par un grand vide et une immense vague de soulagement, mêlée de honte. Je regarde Aziz, ses yeux blessés par mon manque de foi et je réalise à quel point la distance nous a rendus fragiles. Les larmes coulent à nouveau mais cette fois, ce sont des larmes de regret.
Je fais un pas vers lui, balayant mes dernières réticences et viens cacher mon visage contre son torse brûlant. Ses bras hésitent une seconde, blessés, avant de se refermer puissamment autour de moi, me serrant à m'en étouffer.
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