__ Non de non ! Quel maladroit, je suis ! Ce fichu produit se répand partout maintenant?

L’exclamation est lancée dans le laboratoire scientifique .

Soudain, j’ouvre les yeux. Et la vision d’un local scientifique disparaît de mon esprit pour retrouver le décor habituel de ma chambre. Je me sens bien ce matin, mais peut-être un peu énervé aujourd’hui. En effet, je dois partir demain matin pour Nantes d’où je prendrai l’avion pour la Norvège, via Paris. Là je rejoindrai dans un vol spécial à destination de l’Arctique et du Pôle Nord où je dois rejoindre le navire scientifique qui stationne au milieu des glaces depuis un an. Je vais faire parti de l’équipe qui doit relever le groupe en place.

Alors, je me lève et je vais me doucher. Puis, je me sers un café, une fois habillé, je vais boire ma boisson chaude en regardant par la fenêtre, le décor qui entoure ma maison de bord de mer.

Je regarde la vue qui s’ouvre à mes yeux. C’est un jour splendide et le soleil brille dans le ciel azuré et laisse son reflet sur l’océan qui s’étend devant moi, sur la baie de Locmaria, ce petit village de l’île de Groix en Bretagne. Je laisse mon regard vagabonder sur l’eau d’abord puis sur les bordures de l’anse qui est partiellement fermée par une digue. Des bateaux et des barques de pêcheurs sont amarrés ainsi à l’abri dans l’espace protégé par la construction de béton. Sur la gauche, un menhir et une petite sommité rappelle l’emplacement d’une ancienne tombe d’un chef viking qui est venu mourir sur cette île. Oui décidément, ce lieu est rempli de souvenirs historiques ; entre le menhir, la tombe et les sépultures de hollandais sous le sable de la plage de la baie.

Bon, ce n’est pas tout de rêvasser, la sonnerie du téléphone retentit derrière moi. Je me retourne et je pose ma tasse sur la commode toute proche. Je saisie le téléphone accroché au mur.

__ Allô, Jean. C’est Étienne. Comment vas-tu ?

__ Très bien et toi ? J’ai hâte à demain. On se retrouve à Paris, pas vrai ?

__ Justement ! C’est pour cela que je t’appelle…

__ Pourquoi ? Que se passe-t-il ?

__ Le chef d’équipe d’expédition vient de m’appeler. Le départ est avancé d’un jour.

__ Mais j’ai un billet de train pour demain matin. Demain après-midi, je dois rejoindre le groupe à Paris.

__ Ne t’inquiètes- pas ! Tout est organisé par l’équipe scientifique. Normalement, tu as dû recevoir de nouveaux billets dans ta boîte mail. Vas voir, si tu veux...

__ Entendu !!! un instant...

__ D’accord, j’attends !

Jean, ce trentenaire et musclé aux cheveux longs et noirs coiffés en catogan pose le téléphone sur la table et s’approche de l’ordinateur portable qui se trouve à côté. Il soulève l’écran et l’ allume. Aussitôt, apparaît la notification de mails venant de son chef d’équipe. Il découvre ce dernier ainsi que les e-billets à imprimer pour l’après-midi…Alors, il reprend le téléphone et parle à son futur compagnon d’expédition :

__ Étienne ?

__ Oui ?

__ C’est OK pour moi, je viens de voir le mail et les billets de voyage. Comme mon sac est prêt depuis hier, cela ne me pose pas de problèmes pour moi. Donc on se retrouve ce soir à l’aéroport Roissy- Charles De Gaulle.

__ Oui c’est bien cela. A ce soir ! Je te laisse .

Et Étienne raccroche tandis que Je reste un instant perplexe.

Puis, il ferme la fenêtre de la pièce. Ensuite il passe à nouveau à côté de la table du salon, sur laquelle se trouve l’ordinateur et un vieux dossier de presse. Le nom du carton archive ouvert est « virus et transmission en 2023 ». Un article de journal dépasse de l’ensemble de papiers classés. Le titre de ce dernier est « Drame au laboratoire arctique »avec une photo d’un scientifique sexagénaire, Jules Guesnard devant une paillasse couverte de fioles et d’éprouvettes plaines de produits colorés.

puis

Ensuite, il ferme les volets de la maison, avent de prendre son sac dans lequel il a pris le temps de glisser son ordinateur. Il sort de sa maison de pêcheur. Il rajuste le col de son blouson et part à pied pour Port Tudy. Il y arrive environ trois quarts d’heure plus tard. Là, il achète son billet pour le bateau qui va le mener au port de Lorient. Aussitôt, il embarque à bord.

Son cœur bat la chamade, il grimpe un escalier métallique très raide et monte sur un pont supérieur. Il s’assoit sur un banc situé non loin d’un canot de sauvetage et pose son sac de voyage à côté de lui.

Il regarde autour de lui. Il n’y a que quelques personnes qui sont les unes assises comme lui, soit debout accoudées au bastingage. Certains ont des airs sérieux, d’autres sont plus décontractés. La mer est calme aujourd’hui. Jean admire l’océan qui est illuminé par le soleil qui brille sous les rayons. La traversée dure environ quarante-cinq minutes.

Bientôt , C’est le débarquement à la gare maritime de Lorient. De là, le jeune homme prend un taxi qui l’emporte rapidement à la gare SNCF. Le sac de voyage en bandoulière, Jean arrive enfin sur un des quai, après avoir composté son billet. Il regarde rapidement l’écran où est représenté le schéma du TGV qui va arriver d’un moment à l’autre.

Le jeune homme qui sent l’excitation grandir en lui, voit le TGV arriver assez rapidement. Il grimpe dedans et cherche sa place dans les wagons. Après avoir placer son bagage dans le filet au dessus des sièges, il s’installe près d’une fenêtre. De là, il regarde le paysage qui se met à défiler devant ses yeux est harmonieux pour cet homme du XXe siècle : des maisons blanches aux toits d’ardoises et le bocage de l’ouest de la France, verdure venant du climat tempéré dû au doux courant marin nommé Gulf-Stream qui longe l’Europe de l’ouest.

Quand Jean y pense, il se dit que c’est une vrai chance, l’existence de ce courant pour la France, son pays, et à plus forte raison cette Bretagne qu’il aime tant. Comment évoluerait les écosystèmes si ce courant marin se modifiait ? Il se pose cette question pendant les heures du trajet en train.

Enfin, entre chien et loup, le TGV Quimper-Paris entre dans la gare Montparnasse. Jean débarque du train et se dépêche de rejoindre la navette qui l’amène à l’aéroport Roissy-Charles De Gaulle.

Là, dans le hall du bâtiment, il est interpelé par un homme d’une soixantaine d’années , presque chauve qui porte des lunettes noires aux verres rectangulaires :

__ Hé, Jean, par ici, viens rejoindre l’équipe ! Nous sommes tous là.

__ OK. J’arrive .

Jean rejoint donc le sexagénaire qui est entouré d’un petit groupe de quinze personnes d’âges et d’allures variables parmi lesquels, il reconnaît Étienne qu’il a eu au téléphone le matin même.

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