La villa de Sacré-Cœur est silencieuse à midi, Souleymane se réveille dans cette lumière particulière de la mi-journée qui entre par les rideaux épais de sa chambre. Cette lumière, il ne la voit que les jours où il a lu le Coran jusqu'à l'aube et où son corps réclame enfin le repos qu'il lui doit. Il reste immobile un moment, les yeux ouverts vers le plafond, pensant à la journée qui commence, à ce qu'il a à faire et à ce qu'Allah attend de lui aujourd'hui.
Il se lève ensuite, fait ses ablutions et prie Dhuhr, après la prière, il sort de sa chambre et traverse le couloir de cette maison qu'il connaît même dans l'obscurité complète, il s'arrête devant une porte au bout du couloir et frappe doucement.
— Entre, dit une voix faible.
La chambre de sa mère est celle qui reçoit le plus de lumière dans cette maison, il y a veillé lorsqu'il a fait décorer la villa. C'était cette attention particulière d'un fils qui sait que les vieux ont besoin de lumière. Yaye Fatou Tall, quatre-vingt-deux ans est allongée dans son grand lit, ses jambes est immobiles depuis deux ans mais son visage, creux et lumineux à la fois, n'a rien perdu de ce qu'il a toujours été, ses yeux ont tout vu et brillent encore.
Souleymane entre, s'agenouille à côté du lit et se penche pour poser ses lèvres sur le front de sa mère, ce front ridé et doux qu'il embrasse depuis qu'il a l'âge de se souvenir. Les mains de Yaay Fatou se lèvent lentement, elles se posent sur la tête de son fils, cette tête qu'elle a tenue entre ses paumes lorsqu'il était nourrisson et qu'elle a bénie à chaque étape importante de sa vie. Ses lèvres bougent dans cette prière silencieuse qu'elle fait pour lui depuis cinquante-deux ans, depuis le premier jour où il a ouvert les yeux sur ce monde et qu'elle a compris qu'elle venait de recevoir une immense responsabilité.
— Ya Allah, protège mon fils, guide ses pas, illumine son cœur ! Yalna Ya’Allah sam la té mousseul la ci noon yi ak seytané ak gni mou andal !
Souleymane reste immobile sous ces mains, les yeux fermés, c'est l'humilité totale d'un homme capable de faire plier les foules et qui devant cette femme, s'agenouille sans même y penser.
— Tu as bien dormi ? demande-t-elle enfin.
— Bien dormi Alhamdoulillah et toi ?
— Moi je dors peu, répond-elle avec un sourire. Les vieux dorment peu, on garde nos nuits pour prier !
Il prend ses mains dans les siennes, elles sont tremblantes et légères.
— Tu as mangé ?
— Mariama m'a apporté du lait et du pain tôt ce matin, ne t'inquiète pas pour moi !
— Je m'inquiéterai toujours pour toi !
Elle le regarde avec ce regard de mère qui connaît son fils mieux qu'il ne se connaît lui-même.
— Tu as l'air pensif ce matin !
— Ah oui ?
— C'est ce que j'ai vu, quelque chose s'est passé ?
— Non yaay, tout va bien !
— Cheikh Souleymane Tall !
— Yaay !
— Je t'ai mis au monde, dit-elle simplement. Je sais quand quelque chose s'est passé ! Tu as le visage lumineux !
Il sourit, un sourire discret qui arrive dans les yeux avant la bouche.
— J'ai assisté à un gala au Palais avant-hier, dit-il. J'ai rencontré des gens intéressants !
— Des gens ? Ou une personne ?
Il ne répond pas immédiatement et ce silence est déjà une réponse.
Yaay Fatou hoche lentement la tête, elle a compris et choisit de ne pas pousser trop loin.
— Tu sais ce que ton père me disait toujours ?
— Tu me l'as dit mille fois !
— Je te le dirai mille fois encore, répond-elle. Lou benn meune, niar niokka ka dakh fouff ! Ton père disait, un homme qui fait le bien doit avoir une femme à côté de lui pour qu'Allah bénisse ce bien doublement. Seul, on fait le bien, à deux, on le multiplie !
— Baba était sage !
— Ton père était un saint, dit Yaay Fatou. Et toi, tu as hérité de sa sagesse, de sa foi et de son courage mais tu as aussi hérité de son entêtement !
Souleymane rit doucement.
— Je ne suis pas entêté !
— Tu vis seul depuis sept ans. Si ce n'est pas de l'entêtement, dis-moi comment ça s'appelle !
— De la prudence !
— De la peur, dit-elle doucement. Et la peur n'est pas digne de toi mon fils ! Ce que cette femme t'a fait, ce qu'elle m'a fait, ce n'est pas une raison pour fermer ton cœur, une blessure qui ne guérit pas, c'est une blessure qu'on refuse de soigner !
Souleymane baisse légèrement les yeux, c'est un geste rare chez cet homme qui ne baisse les yeux devant personne d'autre que sa mère.
— Je veux juste que tu te maries, dit Yaay Fatou. Avant que je parte, je veux voir ça de mes yeux. Une bonne femme à côté de toi, quelqu'un qui soit digne de ce que tu es !
— In Shaa Allah Yaay, ça viendra !
— Ne me dis pas In Shaa Allah pour me faire taire, dit-elle avec cette sévérité douce qui est la sienne. Dis-moi que tu y travailles !
— J'y travaille !
— Et cette personne intéressante du gala ?
Il lève les yeux vers elle puis sourit à nouveau.
— Tu es impossible, Yaay !
— Je suis ta mère, dit-elle. C'est pareil !
La porte s'ouvre et Khadija entre en jeans et chemise, les cheveux attachés, son téléphone dans la main comme toujours, elle va directement vers le lit de sa grand-mère, c'est un rituel du matin qui ne change jamais.
— Mame Boyam ! dit-elle en l'embrassant sur les deux joues avec cette tendresse joyeuse des jeunes.
— Ma petite, répond la vieille dame en la serrant dans ses bras autant que ses forces le permettent.
Khadija se redresse puis se tourne vers son père.
— Bab, tu dormais encore ?
— Il est midi !
— Je sais, tu as lu jusqu'à quelle heure ?
— Tard !
— Comme toujours, dit-elle.
Elle se tourne vers lui avec un sourire.
— Baba, je voulais te demander quelque chose !
— Je t'écoute !
— Je voudrais passer la journée chez maman !
Souleymane regarde sa fille, dans ses yeux se lit cette hésitation qu'il ressent toujours lorsqu'il est question de sa mère. La mère de Khadija est une femme dont la présence dans la vie de sa fille le préoccupe plus qu'il ne veut l'admettre.
— Khadija...
— Bab, c'est ma mère, s'il te plaît !
— Je sais que c'est ta mère !
— Alors ?
— Je voudrais juste que tu fasses attention à...
— Bab, j'ai dix-huit ans ! Je sais ce que je fais...
Il la regarde cette enfant n'en est plus une, elle a ses yeux et le caractère de quelqu'un d'autre, elle navigue entre deux mondes depuis trop longtemps.
— Tu rentres ce soir, dit-il.
— Oui !
— Avant le Maghrib !
— Promis, Bab !
Il hoche la tête, Khadija l'embrasse rapidement sur la joue et disparaît avant qu'il ne change d'avis avec cette rapidité des enfants qui savent qu'il faut sortir avant que le oui ne devienne un peut-être. Le silence revient dans la chambre, Yaay Fatou regarde la porte par laquelle sa petite-fille vient de sortir, puis elle regarde son fils.
— Il ne faut jamais laisser une pomme de terre parfaite dans un sac qui n'en contient que des pourries, dit-elle.
— Yaay...
— Cette femme a failli tuer cette enfant, dit Yaay Fatou. Sa voix est maintenant plus dure, elle m'a mise dans cet état, Souleymane, tu t'en souviens ? Tout ce qu'elle m'a fait quand j'ai découvert ce qu'elle avait fait avec tes disciples ? Et maintenant Khadija va la voir chaque semaine comme si de rien n'était !
— C'est sa mère, dit Souleymane. Je ne peux pas lui interdire de voir sa mère !
— Non, répond Yaay Fatou. Mais tu es le père et un père protège même de ce qu'on aime quand ce qu'on aime peut faire du mal !
Souleymane reste silencieux, il reprend les mains de sa mère dans les siennes.
— Je veille sur elle, dit-il.
— Veille mieux, répond simplement la vieille dame.
…
Le téléphone de Bilqis sonne à neuf heures du matin, elle est déjà réveillée, son corps ne connaît pas les grasses matinées. Elle est dans sa cuisine, en peignoir, les cheveux défaits, en train de faire du café sans uniforme, sans grade, sans casquette, elle ressemble simplement à une femme qui commence tranquillement son samedi. Elle regarde l'écran, c'est Rokhaya, elle lui a envoyé un message à deux heures du matin pour lui dire qu’elle va beaucoup mieux après lui avoir parler et que demain, elle passera la prendre pour se changer les idées.
— Je sais ce que tu vas dire, dit-elle en décrochant.
— Tu ne sais rien du tout, répond Rokhaya. Habille-toi. On sort !
— Rokhaya, j'ai des dossiers à...
— Non ! Tu n'as pas de dossiers aujourd'hui, c'est samedi, les dossiers n'existent pas le samedi !
— Les problèmes de sécurité nationale n'ont pas de...
— Bilqis, habille-toi ! Je suis devant ta porte dans une heure !
Elle raccroche, Bilqis regarde son téléphone puis son café et enfin par la fenêtre. Le quartier est calme ce samedi matin, il y a moins de circulation, elle boit son café et va s'habiller.
Rokhaya arrive à dix heures précises, ponctuelle comme toujours, avec ce sourire qu'elle a lorsqu'elle a décidé quelque chose et qu'elle sait que ça va bien se passer.
— Tu as mis un jean ! dit-elle en voyant Bilqis descendre.
— Tu m'as dit de m'habiller !
— Je pensais que tu allais mettre un tailleur !
— C'est samedi, répond Bilqis.
Rokhaya éclate de rire. Après trente-cinq ans d'amitié, Bilqis arrive encore à la surprendre. Elles prennent la direction des Almadies, vers ce spa que Rokhaya fréquente depuis des années et où elle a traîné Bilqis deux ou trois fois dans leur vie, toujours avec la même résistance et toujours avec le même résultat. Dans la voiture, Rokhaya conduit et parle de ses enfants, du quartier, d'une voisine qui fait des travaux bruyants depuis six semaines. Bilqis écoute, répond et sourit parfois, c'est une légèreté qu'elle apprécie, ces moments où deux amies peuvent être ensemble sans avoir besoin de parler de choses importantes. Après un moment, Bilqis demande…
— Comment tu vas ?
Rokhaya marque une légère pause.
— Mieux !
— Ibou ?
— Ibou est toujours là, on ne se parle pas vraiment, les enfants ne savent rien et je ne veux pas les mêler à ça mais moi je sais et lui sait que je sais et pour le moment, on vit avec ça !
— C'est insupportable comme situation !
— Oui, dit Rokhaya. Mais j'ai besoin de temps pour décider vraiment de ce que je compte faire de ce mariage !
— C'est sage !
— C'est toi qui m'as appris ça, répond Rokhaya. Décider dans la clarté et pas dans l'émotion !
Bilqis ne répond pas, elle regarde la route.
— Tu sais ce qui me fait tenir ? demande Rokhaya.
— Quoi ?
— Mes enfants et toi ! Et me dire que si Bilqis Seydi a survécu à ce qu'elle a survécu et qu'elle est debout, moi je n'ai pas d'excuse pour m'effondrer !
— Ne fais pas de moi un exemple, dit Bilqis.
— Pourquoi pas ?
— Parce que je ne suis pas un exemple ! Je suis juste quelqu'un qui a fait avec ce qu'elle avait !
— C'est ça un exemple, répond Rokhaya simplement.
Le spa est calme, dès l'entrée, la lumière tamisée, les huiles essentielles et la musique douce les coupent du monde extérieur. Bilqis enlève sa montre militaire et la pose dans le casier, c'est comme si elle y laissait aussi pour un moment, le poids de ses responsabilités.
Pendant une heure, sous les mains de l'esthéticienne, elle détend son corps, d'habitude, elle sait mettre son esprit en veille mais aujourd'hui une voix masculine revient sans cesse dans ses pensées, elle ouvre les yeux.
— Tout va bien Mme ? demande l'esthéticienne.
— Très bien continuez !
À côté d'elle, Rokhaya dort à moitié, elle est épuisée par des semaines de tension, Bilqis la regarde avec une affection silencieuse.
En début d'après-midi, elles se rendent dans un salon de coiffure discret du Plateau. Là-bas, Bilqis détache ses cheveux, ils sont longs, denses et descendent jusqu'au milieu du dos, habituellement, ils sont retenus dans un chignon strict sous sa casquette.
La coiffeuse commence à les masser et à les brosser pour en prendre soin, ce contact physique fait peu à peu baisser la garde de Bilqis. Dans le miroir, Rokhaya l'observe avec un sourire tendre.
— Tu devrais les détacher plus souvent, tu es magnifique comme ça, sans tes chignons de combat !
— Le chignon, c'est plus pratique pour le service, répond Bilqis.
— Le chignon, c'est ton armure, réplique Rokhaya. Comme ton uniforme, tu te caches derrière !
Bilqis ne répond pas parce qu'elle sait que son amie a raison, la coiffeuse lui demande ce qu'elle veut.
— Un soin profond et vous les relèverez simplement de façon nette !
Autour d'elles, le salon vit, les femmes discutent, rient et partagent des anecdotes. Rokhaya se rapproche du fauteuil de Bilqis, son visage s'assombrit un peu, le moment de détente laisse place à la réalité.
— Ibou a découché la nuit dernière, lâche-t-elle d'une voix blanche.
Bilqis se tourne immédiatement vers elle, le regard inquiet.
— Qu'est-ce qu'il t'a dit ?
— Les mensonges habituels, chez sa mère malade mais je ne suis pas dupe ! Le plus dur, c'est de faire semblant devant les enfants, je me sens tellement seule dans cette maison Bilqis !
Bilqis prend la main de son amie et la serre fort.
— Tu n'es pas seule je suis là ! Ne prends aucune décision sous le coup de la colère, prends le temps de voir les choses clairement !
Rokhaya essuie une larme au coin de l'œil et force un sourire en regardant Bilqis dans le miroir.
— Heureusement que tu es là ! D'ailleurs... toi aussi, ton visage a changé, il y a quelque chose que tu ne me dis pas !
— Quoi ?
— Tu as le visage fermé depuis tout à l'heure Bilqis, tu es encore au travail ?
— Non, répond Bilqis en fixant son reflet. Je pensais juste à une discussion que j'ai eue au gala du Palais !
— Avec qui ?
— Quelqu'un d'inhabituel, il m'a déstabilisée et je n'aime pas ça !
— Différent comment ?
— Il écoutait vraiment, dit Bilqis. non pour répondre, pour comprendre et il disait des choses vraies, des choses que les gens pensent mais qu'ils n'osent pas dire dans ces contextes !
— Qui c'est ?
— Quelqu'un, répond Bilqis. C'est tout !
Rokhaya la regarde dans le miroir, dans ses yeux, il n'y a pas de curiosité indiscrète mais quelque chose de plus doux, elle connaît son amie et sait quand il vaut mieux attendre qu'elle parle d'elle-même.
— Tu as souri en disant ça, dit-elle doucement.
— Non !
— Si juste un peu... là, au coin de la bouche !
Bilqis regarde encore son reflet, malgré elle, un sourire bref apparaît.
— Tu vas me poser des questions ? demande-t-elle.
— Non, répond Rokhaya. Je vais juste noter que c'est la première fois depuis que je te connais que tu mentionnes quelqu'un en souriant sans t'en rendre compte !
…
La terrasse du restaurant donne directement sur la mer, en cette fin d'après-midi, l'océan est d'un bleu profond et un vent frais souffle de l'Atlantique. Elles commandent du poisson grillé, du riz et de l'eau fraîche, elles mangent avec cette complicité propre aux vieilles amies qui n'ont plus besoin de faire semblant. La conversation passe des enfants de Rokhaya à Yacine à Paris, puis au quartier avant de revenir naturellement au sujet principal.
— Alors, c'est qui cet homme qui arrive à te perturber ?
Bilqis boit une gorgée d'eau, le regard plongé dans l'horizon.
— Cheikh Souleymane Tall !
— Le khalife ? Qu'est-ce qui s'est passé ?
— On a parlé de la crise des daara, les hommes de son rang me servent d'ordinaire des discours polis et calculés, lui, il m'a regardée dans les yeux et m'a dit des vérités crues sans chercher à me plaire ou à négocier. Je n'arrive pas à savoir s'il est d'une droiture absolue ou s'il joue un jeu politique très habile. Il m'intrigue, Rokhaya et en tant que militaire, ne pas cerner quelqu'un me dérange !
Rokhaya sourit doucement en voyant la rigidité de son amie.
— C'est peut-être juste la première fois qu'un homme te tient tête sur ton propre terrain Bilqis ! Prudence ou pas, cet homme occupe tes pensées !
Bilqis la regarde, un peu déstabilisée.
— Rokhaya...
— Je sais, dit son amie en souriant. In Shaa Allah !
…
Le soir venu, dans sa villa de Mermoz, Bilqis se tient devant son miroir, ses longs cheveux sont attachés de manière lâche et son visage est sans maquillage. Habillée d'un jean et d'une chemise simple, elle s'observe un long moment, elle repense au spa, au salon de coiffure, au restaurant et à ce fameux sourire que Rokhaya a remarqué, ce nom résonne encore en elle, Cheikh Souleymane Tall.
Elle secoue la tête pour chasser ces pensées, prend sa douche, enfile son pyjama et se couche. Elle s'endort rapidement, fatiguée par cette journée de détente puis, elle rêve, ce n'est pas un songe paisible, elle se voit au milieu d'une pièce vide, immense, baignée d'une lumière crue. Elle porte son uniforme mais ses galons et sa casquette ont disparu, elle se sent exposée.
Souleymane Tall est là, debout face à elle, il ne porte aucun apparat religieux, seulement un boubou blanc tout simple. Il ne marche pas vers elle, il ne parle pas, son regard est braqué sur elle, un regard lourd, intense, qui semble traverser sa veste militaire et lire ses secrets les plus enfouis, ses failles qu'elle cache depuis vingt ans.
Bilqis essaie de se redresser, de reprendre sa posture de commandement mais ses muscles ne répondent pas. Elle reste bloquée sous ce regard qui la voit telle qu'elle est vraiment, une femme seule derrière l'armure.
Elle se réveille en sursaut, le souffle court, la chambre est plongée dans le noir et le silence règne dans la villa. Bilqis s'assoit dans son lit, le cœur battant un peu trop vite, elle est en colère contre son propre subconscient. Elle passe une main frustrée sur son visage et murmure dans l'obscurité, comme un défi lancé à cet inconnu…
— Qui es-tu pour t'immiscer là ?
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