Lors de leur escale au Svalbard, Jean et son ami Etienne, sont accompagnés des autres membres de l’équipe dont le fils benjamin de ce Jules Guesnard mort étrangement d’un virus dans ces contrées, il y a vingt ans. C’était en 2023.
Jean, Etienne et leur équipe avance vers un des deux bâtiments aux toits en demi-cercle de la station. Guidés par deux éminents glaciologues qui travaillent en ce moment dans ce village, ils pénètrent à l’intérieur d’une succession de salles de tailles et d’aménagements différents. Ils s’arrêtent finalement dans une grande pièce, un petit auditorium, destiné visiblement à accueillir un public de journalistes, de collègues ou d’intéressés curieux. Un large écran blanc se trouve sur la gauche de l’entrée que franchit le petit groupe. Sur leur droite, des gradins en arc de cercle sont prêts à accueillir un public. Les murs sont de couleur blanche et le sol est recouverte d’une moquette bleu roi. On invite le groupe de visiteurs à s’asseoir tandis que les guides vont s’installer devant l’écran.
Quand tout le monde a pris sa place, les deux spécialistes, un homme et une femme, déclenchent une télécommande qui provoque l’apparition de photos sur l’écran. La première montre le pôle nord vue de l’espace. Elle reste apparente tandis que Christine Liberac prend la parole. C’est une quarantenaire, belle blonde aux cheveux courts, vêtue d’une tenue élégante, un chemisier blanc, caché par un pull-over en laine irlandais, un pantalon noir très chaud.
__ Bonjour à vous ! Merci d’être venus de si loin pour nous rencontrer et connaître Svalbard.
Son collègue Loïc, cinquante ans, en tenue sélect lui aussi,
ajoute :
__ Oui. Bonjour à vous, nous allons vous donner quelques repères sur les derniers événements en cours. Tout d’abord, nous allons vous présenter le Svalbard aujourd’hui, puis nous vous parlerons des drames qui ont eu lieu ici en 2023. avant de conclure par les courants marins nord atlantiques et leurs modifications qui ont entraîné cette accélération de la montée des eaux sur la planète.
__ Pour commencer, nous allons donc vous parler Svalbard… Comme vous le savez, c’est la terre la plus septentrionale de la Norvège et l'un de ses territoires. À l'exception de dix habitants sur l'île aux Ours située à 238 kilomètres … C’est aussi un des endroits du monde les plus sensible au réchauffement climatique. Cet endroit est aussi doté d’une station ou SvalSat qui est une station terrienne qui est utilisée pour les communications avec les satellites d'observation de la Terre circulant sur une orbite polaire.
Les deux scientifiques continuent pendant un moment d’expliquer quelles sont les caractéristiques du Svalbard. Puis ils enchaînent avec les drames de 2023. Avant de commencer cette partie de leur exposé, Loïc interroge le public :
__ Parmi vous qui connaît l’histoire du virus de 2023 ?
Jean, très attentif pendant tout le début de la conférence, lève la main. On l’invite à se présenter et à parler de ce qu’il sait… Ce qu’il fait aussitôt.
__ Bonjour, je m’appelle Jean Latimeur. Je viens d’obtenir un doctorat en biologie cellulaire, spécialité virologie et transmission, à l’université de Lorient en France. Si mes souvenirs sont exacts, un savant Jules Guesnard âgé à l’époque de soixante-cinq ans a fait tomber volontairement ou non des fioles et des éprouvettes contenant des virus actifs. Certains d’entre eux étaient à effet lent. D’autres a effet rapide, n’est-ce pas ?
__ En effet !!! c’est ce qui c’est passé. Le virus à diffusion rapide qui a tué une partie de la base scientifique dans l’arctique à l’époque, a pu heureusement être confiné puis éradiqué de cette enceinte. Il n’en fut pas de même pour le virus à effet lent qui avait- une durée d’incubation d’un mois. Comme certains membres du personnel avaient réussi à sortit le base, ils ont contaminé par malheur certaines communes toutes proches comme par exemple le Svalbard où non sommes. Heureusement, la manipulation du virus impliquait aussi de connaître un éventuel vaccin. Il fut vite fabriqué et on pût contenir l’épidémie au seul pôle nord.
Jean lève à nouveau la main pour demander la parole qu’on lui accorde volontiers :
__ On dit, si on en croit la presse de l’époque, que le scientifique qui a manipulé ces fioles ferait partie des victimes ?
__ C’est aussi exact. Il se nommait Jules Guesnard et son corps a enterré en urgence comme les autres dans ces contrées. De plus, il semble que son acte était volontaire et non accidentel. C’était vraisemblablement un criminel.
A peine, ces mots furent-ils prononcés par Loïc, le conférencier, un cri retentit dans l’auditorium ;
__ C’est faux ! C’est archi faux ! Ce que vous nous dites est peut-être vrai pour l’enterrement du savant mais il n’aurait jamais commis l’absurdité de répandre un virus volontairement.
__ Qu’en savez-vous, demande Loïc ?
Tandis que tous les regards se tournent vers la personne qui vient de parler. Cette dernière qui s’est levé sous l’effet de la colère et de l’indignation est un homme du même âge environ que Jean. Il est grand et a une allure athlétique. Ses cheveux blonds sont courts. Il réajuste ses lunettes rectangulaires noires qui ont glissé sur sur nez dans le mouvement du trentenaire pour se mettre debout..
__ Qui je suis, monsieur ? Je suis le fils benjamin de cet homme que vous osez qualifier de criminel. De quel droit osez-vous salir la réputation de mon père ?
__ Je n’ai fait qu’énoncer des faits qui ont été envisagés ou prouvés à l’époque…
Le sang du trentenaire ne fait qu’un tour. Ceux qui sont assis à ses côtés sont stupéfiés par l’ampleur de sa réaction. Lui, si calme, assis et tranquille quelques minutes plus tôt, est à présent debout, rouge de colère. Il accuse Loïc, le conférencier en le désignant du doigt comme un diffamateur de la pire espèce. Il l’insulte presque :
__ Monsieur, sachez que si si j’ai suivi les mêmes études que mon père pour travailler moi aussi en virologie, c’est pour poursuivre ses recherches et peut-être un jours comprendre ce qui s’est passé en 2023 dans ces contrées et réhabilité mon père.
Le ton du trentenaire est ferme mais agressif. Sa voix a pris un timbre grave. Par un excès de nervosité, il réajuste ses lunettes sur ses yeux comme un tic.
Ce changement fait peur à ses voisins dans l’auditorium. Mais Loïc qui ne le quitte pas des yeux et a remarqué son tic, semblable à celui de son père s’il se souvient bien des vidéos de l’époque visionnées il y a peu. Le conférencier s’interroge en lui-même : il se demande à qui il affaire aujourd’hui…
Est-ce un « clone » de son père disparu et soupçonné par tous les responsables de 2023 d’être un scientifique devenu psychopathe ? Est-ce un simple fils de savant qui a simplement la même passion que son père ? La question reste en suspens dans son esprit, tandis qu’il reste prudent dans sa réponse :
__ Je reconnais que l’enquête de l’époque n’a rien démontré clairement.
__ A vous voyez, insiste avec frénésie, le fils du savant sur un ton de satisfaction qui n’échappe à personne. !!!
__ Mais, ajoute Loïc, le faisceau de preuves accusant votre père était à l’époque n’était pas mince. Si vous le voulez, nous pouvons en reparler plus tard, autour des documents de l’époque, vous pourrez vous faire votre opinion… Si vous êtes le brillant scientifique que j’imagine, vous serez rester objectif même si vous êtes émotionnellement impliqué.
__ C’est un défi non seulement que je peux relever mais aussi que je veux relever. J’accepte donc votre proposition.
__ C’est entendu ! Rendez-vous donc cet après-midi dans mon bureau à 14h30.
__ D’accord !!! Je serai là.
Le débat sur ce sujet s’arrête là. La collègue de Loïc reprend la parole tandis que le fils de Jules Guesnard se rassoit :
__ A présent, nous allons parler de la troisième partie de notre conférence : l’état des lieux du réchauffement climatique, des courants marins de l’océan Atlantique et de la montée des eaux éventuelle ou avérée
Sans plus attendre, Christine Liberac prend la direction du débat. Aidée de sa télécommande, elle fait défiler sur l’écran des séries de photos satellites, de cartes de schémas, de graphiques complexes.
La conférencière commence par expliquer ce qui s’est passé en 2023 dans l’hémisphère nord : L’AMOC s’est effondré. A l’aide d’ extraits de presses et de rapports de scientifiques internationaux, elle explique de quoi il s’agit et l’état dans lequel se trouvait ce courant marin en 2022 et en 2023 ?
Apparaît à l’écran justement un extrait du journal Nature de juin 2023, traduit en Français :
«La circulation méridienne de retournement de l’Atlantique (AMOC) est un élément clé du climat par son transport de chaleur dans l’océan Atlantique Nord. Les changements décennaux de l’AMOC, qu’il s’agisse de variabilité interne ou d’un affaiblissement anthropique, ont donc des impacts de grande ampleur. Dans cette revue, nous synthétisons la compréhension de la variabilité décennale contemporaine de l’AMOC, en rassemblant des preuves provenant d’observations, de réanalyses océaniques, de modèles forcés et de proxys AMOC. Depuis 1980, il y a des signes de périodes de renforcement et d’affaiblissement, bien que l’ampleur des changements (5 à 25 %) soit incertaine. »
Christine explique donc à ses auditeurs, que l’AMOC, « Atlantic meridional overturning circulation » s’étend sur tout l’Atlantide. Il s’agit d’un système courant marins de l’Atlantique Nord, qui a un impact majeur sur le climat. Il comprend ainsi le courant du labrador et le Gulf-Stream. Pour être plus précise, je citerai Juliette Mignot, océanographe à l’Institut de recherche pour le Développement (IRD) et membre du laboratoire LOCEAN, interrogée dans le National Géographie du 24 mars 2021
« AMOC déplace près de 20 millions de mètres cubes d'eau par seconde transportant l'eau de surface chaude de l'équateur vers le nord et renvoyant de l'eau profonde froide et à faible salinité vers le sud »
Puis, la conférencière évoque ce qui se passe depuis plus de vingt ans, dans l’hémisphère nord :
__ La fonte accélérée de la banquise polaire au Pôle Nord notamment, et des glaciers du Groendland et du nord de l’Europe et des Amériques a provoqué une forte déferlement d’eau douce froide dans l’eau salée. Ainsi, l’équilibre thermo-saline s’est rompu progressivement provoquant des changements colossaux dans le « tapis roulant » que constituent la suite de courants marins des mers et océans. Le basculement net a commencé en 2025 a déclenché une série de catastrophes en chaîne. Le courant qui frôle le Canada dont le Labrador, et le Gulf-Stream ont connu en 20 ans ont d’abord ralentie puis se sont déplacés dans les océans et les mers.
Puis par le réchauffement climatique s’est emballé au-delà des prévisions du GIEC, en raison notamment en raison d’un effet anthropocène qui n’a pu être suffisamment contrôlé et d’. Le résultat
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