PARTIE 09 - LE TESTAMENT D'IMAM

ENTRE FEU ET PASSION - SALMA

Salma

Ma formation à Gaya est terminée depuis deux mois mais Imam ne m'a pas encore libérée et je n'ai pas envie de partir. Dakar me fait peur, ma famille me fait peur. Je ne cesse de me poser des questions sur ce que je vais faire de ma vie maintenant, sur comment affronter le regard des autres. Les mots de Raky me reviennent parfois la nuit quand le silence de Gaya devient trop grand. On sera toujours taxées de prostituées. Elle avait tellement raison. Quoi que je puisse faire les gens me jugeront toujours. Mon passé me rattrapera toujours et je crains le moment où je serai forcée de l'expliquer à un mari, à des enfants. Ya'Allah soxoroul déh, niit mo soxor ! Allah pardonne mais la société elle n'oublie jamais.

Et Rachid ? Toujours rien. Six mois de plus à attendre un appel qui ne vient pas. Je me suis fait à l'idée qu'il n'y aura jamais rien entre nous et ça fait mal, d'une douleur sourde et permanente comme une plaie qui ne cicatrise pas vraiment. Je l'aime sans savoir pourquoi... sans pouvoir m'en empêcher.

Demain nous partons en pèlerinage. Imam m'avait promis, enfin c'est Rachid qui me l'avait promis le premier, Porokhane, la ville sainte. Le mausolée de Soxna Mariama Bousso.

Nous arrivons dans la ville sainte vers neuf heures du matin. La chaleur est déjà là, présente et souveraine, écrasant tout de sa masse invisible. Heureusement Oumou m'a conseillé de porter un meulfeu en coton blanc, léger et aéré, et cela m'aide à tenir.

Nous nous dirigeons directement vers le mausolée. Avant d'entrer Imam me remet des dou'as à réciter. Je les lis en silence, le cœur battant. L'endroit dégage quelque chose d'indéfinissable, une paix qui n'est pas de ce monde, un souffle doux qui semble émaner des murs eux-mêmes. Les yeux me brûlent, les larmes viennent toutes seules. Je prie en silence pour que la grâce du Tout-Puissant ne cesse d'éclairer ce lieu et que Sa miséricorde continue de se déverser sur elle jusqu'à la fin des temps.

Nous terminons notre pèlerinage au daara où toutes les disciples portent le nom de Soxna Diarra. C'est profondément émouvant d'entendre ces petites perles réciter le Coran et psalmodier les Khassidas du Sheikh. Leurs voix claires s'élèvent dans l'air chaud comme une offrande, j'en tremble encore. Impossible de rester impassible devant un tel spectacle.

Je pense à cette femme courageuse, Yaye Faalou, Maam Diarra comme on la surnomme, qui s'est battue pour ce lieu pour que ces enfants ne manquent de rien. Ya'Allah ouvrez les portes de Djannatoul Firdaws à Soxna Aïda Ndiaye Bada Lô et que Ta miséricorde ne cesse de se déverser sur elle...

Nous nous asseyons à l'ombre d'un arbre dans la cour du daara. Le vent chaud soulève doucement les pans de nos boubous blancs. Autour de nous des femmes circulent en silence, portant des plateaux, récitant à voix basse. Tout ici respire la dévotion.

— Tu sais pourquoi je t'ai amenée ici Salma ?

— Pour faire le pèlerinage que Rachid m'avait promis !

— Oui mais aussi pour t'apprendre quelque chose sur le mariage. Écoute-moi sans m'interrompre s'il te plaît !

— In Shaa Allah !

Imam croise les mains sur ses genoux et lève les yeux vers le ciel un instant comme s'il cherchait ses mots ou plutôt comme s'il voulait les peser avant de les poser.

— Salma le mariage est sacré. Ce n'est pas une obligation mais c'est une recommandation divine et il complète la moitié de la religion. Le Bien-aimé Sallalahu Aleyhi wa Salam dit : « Il n'y a pas une institution établie en Islam qui soit plus aimée que le mariage. » Il dit aussi : « Deux Rak'ah de prière accomplies par un homme marié valent mieux que les prières accomplies par un célibataire qui passe la nuit en priant et le jour en jeûnant. » Pour te dire combien le mariage est sacré. Aujourd'hui vous les jeunes vous croyez que le mariage est une course qu'il faut gagner à tout prix. Vous ne prenez même pas le temps de vous connaître vraiment. Pour qu'un mariage dure il faut d'abord faire le bon choix. Un mari on le choisit ! Dieu'cœur danou kay tane, say bayou dom danou koy tane ! Mais comment le choisir ?

Il marque une pause et me regarde.

— Xol ko ba dinem doyla ! Goor bou am diné dou fenn, dou moy, dou ndialo, dou lekk loumou ligéyoul. Dina ragal Ya'Allah ci bepp fann tekci di topou Sunnah Rassoulillahi 'Aleyhi Sallatou wa Salam. Regarde-le jusqu'à ce que sa foi te suffise ! Un homme pieux ne ment pas, ne désobéit pas, ne commet pas l'adultère et ne jouit pas d'un gain qu'il n'a pas gagné à la sueur de son front. Il craint Allah en toute circonstance et suit scrupuleusement la Sunnah du Messager d'Allah, Paix et Salut sur lui !

Je pense à Rachid. Est-ce qu'il a toutes ces qualités ? La foi, oui. La droiture, oui. Je chasse la pensée, ce n'est pas le moment.

— Le mariage ce n'est pas que l'attirance physique comme vous le croyez souvent. Certes elle en fait partie mais c'est une infime partie. Ce qui fait vraiment un mariage ce sont deux bases que vous négligez trop souvent, le respect et la communication. Tu t'attendais à ce que je parle d'amour n'est-ce pas ? dit-il en remarquant mon expression.

Je souris malgré moi, il me connaît trop bien.

— Salma l'amour ça se cultive. J'ai épousé mon épouse sans rien ressentir au départ et elle non plus. Mais on a su faire grandir cet amour dans le respect et la communication. Sans ces deux piliers un mariage est voué à l'échec dès le départ.

Je pense à Oumou et Imam assis sous le manguier le soir, toujours ensemble, ce bisou sur le front qu'il lui donne chaque matin comme une prière. Ce n'était pas écrit au départ, ils ont construit ça, jour après jour, c'est possible alors.

— Le respect doit être mutuel, il doit venir des deux côtés, du mari en premier puis de l'épouse. L'homme est le maître du foyer, le kilifeu. La personne qui a le plus de droits sur toi. Tu es appelée à te marier un jour et je me permets de te donner ces conseils, les bases fondamentales d'un mariage heureux. Avant tout accepte que ton mari soit ton kilifeu et tu gagneras un point capital. Ne fais rien sans son consentement. Ne sors pas sans sa permission. Ton mari a l'obligation de te nourrir, de t'habiller, de te loger. Il est le maître de la maison, c'est à lui d'assumer toutes les dépenses du foyer. Tu peux l'aider mais ce n'est pas une obligation et il n'a pas le droit de te l'exiger. Pour ce qui est de ton travail sache que c'est une question de consentement, s'il t'a connue active et indépendante avant le mariage il n'a pas le droit de te l'interdire. Mieux vaut en discuter avant tout engagement. Ton corps lui appartient tout comme le sien t'appartient. Allah Soubhanahou wa Ta'Ala dit : « Elles sont comme des vêtements pour vous et vous êtes comme des vêtements pour elles, La Vache, 187. » Ne lui refuse jamais ton corps sauf si tu es malade ou s'il refuse de pourvoir à tes besoins. Soula Soxla ak lo meunti diap bayil té wouyouko. S'il a besoin de toi réponds-lui même si tu es occupée !

J'écoute et je note mentalement chaque mot, personne ne m'a jamais parlé de tout ça, pas ma mère, pas l'école, pas mes amies. On m'a appris à être belle, à plaire, à séduire mais mes droits dans un mariage, mes devoirs envers moi-même avant d'être envers un mari, personne ne me l'a jamais dit. Et je réalise à quel point j'étais ignorante de ma propre religion.

— Seuy barké, té barké bi faut que nga sakkou ko, le mariage est une bénédiction et il faut la mériter. Le secret d'un mariage béni c'est le nangou, la soumission totale envers ton mari mais attention, une soumission licite. Accorde-lui ton temps et tu verras qu'il t'appartiendra entièrement. Les hommes aiment les femmes douces, chastes, pudiques et attentionnées. Si tu veux détenir le cœur de ton homme sois sa soumise sur tous les plans. Qu'il te le dise ou qu'il le garde par orgueil sache qu'il te mettra toujours sur un piédestal. Danou beugeu kou topou sunu ndiguel !

Sois pour ton époux une amie, une conseillère. Écoute-le quand il en a besoin. Conseille-le avec objectivité s'il te le demande. Aide-le à gérer ses biens. Occupe-toi de lui comme tu t'occuperas de tes enfants, veille à sa santé, à son apparence, à ce qu'il soit toujours propre et soigné. Ne néglige pas l'encens, les parfums dans la chambre, la bonne odeur nourrit l'âme et rapproche les cœurs. Que ta maison soit toujours ordonnée et accueillante. Aime-le, chéris-le, c'est ton époux, l'homme qui peut te faire entrer au Paradis. Seuyel lo meune so beugé ngeureumou sunu Borom ! Supporte ce que tu peux si tu veux rencontrer la grâce d'Allah !

Je pense à maman, elle a fait tout ça, toute sa vie sans jamais se plaindre, sans jamais lever la voix et pourtant elle a souffert quand même, pas de son mari mais à cause de moi. Je lui dois tellement, je lui dois d'être enfin la femme qu'elle m'a appris à être.

— Quand ton mari est en colère laisse-lui le temps de digérer avant d'aller vers lui. Ne le brusque pas sinon il déversera toute sa frustration sur toi et si c'est toi qui es énervée arme-toi de ton silence. Attends la nuit pour régler vos différends. Ne laisse jamais personne, pas même tes parents, interférer dans votre relation. Ce que vous vivez ensemble ne regarde que vous deux !

Ma femme t'a appris à t'occuper de ton foyer, à prendre soin de ton mari dans tous les espaces de votre vie commune. Sache aussi que tous les secrets d'une descendance pieuse se trouvent au cœur du lit conjugal, à toi de comprendre ce que je veux dire. Le Bien-aimé Sallalahu 'Aleyhi wa Salam dit : « Si je devais ordonner à une personne de se prosterner devant quelqu'un j'aurais demandé à la femme de se prosterner devant son mari en raison du droit qu'il a sur elle. » Abu Dawud. Et Allah dit : « Les hommes ont autorité sur les femmes en raison des faveurs qu'Allah accorde à ceux-là sur celles-ci et à cause des dépenses qu'ils font de leurs biens. Les femmes vertueuses sont obéissantes à leurs maris et protègent ce qui doit être protégé pendant l'absence de leur époux avec la protection d'Allah... » Sourate An-Nissa, verset 34.

Le mariage rime avec endurance mais dans la crainte d'Allah. Supporte ce que tu peux supporter et si tu es certaine de ne plus pouvoir supporter l'injustice que tu subis alors demande le divorce. Certes c'est ce qu'Allah déteste le plus mais il est autorisé. Ya'Allah tégoul diamam loumou atanoul et ce verset le résume bien : « Nulle contrainte en religion. » Sourate 2, verset 256. Allah sait mieux que quiconque ce que détiennent nos cœurs.

Il marque une pause et me regarde avec une intensité nouvelle comme si ce qu'il va dire maintenant est plus important que tout ce qui précède.

— Salma, je veux que tu retiennes une chose par-dessus tout. Une femme n'aspire pas seulement à avoir des enfants bénis dans son foyer. Elle aspire à voir ces enfants naître et grandir dans un foyer où l'amour est réel, où elle est aimée et choyée et où elle aime et chérit à son tour. C'est ça le véritable secret d'une descendance bénie, pas les corvées, pas la soumission aveugle, pas l'effacement de soi mais l'amour, un amour sincère, mutuel, ancré dans la crainte d'Allah.

Quelque chose se dépose en moi à ce moment-là comme une évidence que j'aurais cherchée toute ma vie sans savoir que je la cherchais. Je ne suis pas condamnée à subir, je ne suis pas condamnée à me taire. Je mérite d'être aimée vraiment et si je mérite ça moi, Salma Siby avec tout mon passé, alors toutes les femmes le méritent.

— Beaucoup de femmes aujourd'hui se tuent à la tâche en croyant que c'est ça le mariage. Elles ne connaissent pas leurs droits, pas leurs droits civiques seulement mais leurs droits islamiques. La religion vous a donné des droits fondamentaux que personne n'a le droit de vous retirer et c'est là que je dis aux femmes, apprenez votre religion, pas pour obéir aveuglément mais pour savoir ce qu'Allah a mis en vous comme dignité et comme valeur.

Sa voix se fait plus douce.

— Un enfant béni Salma ne naît jamais dans un foyer où règnent la torture, les insultes et l'humiliation. Un enfant béni ne naît pas dans un foyer où la femme est rabaissée et écrasée. Ces enfants-là naissent dans le respect mutuel, dans la tendresse et dans un amour qui a la crainte d'Allah comme fondation. Nangou (soumission) ce n'est pas se soumettre à un homme qui t'écrase, c'est s'unir à quelqu'un qui te respecte et que tu respectes en retour.

Les larmes me montent aux yeux sans que je m'y attende. Je pense à toutes ces femmes que j'ai connues. Celles qui se taisaient, celles qui encaissaient, celles qui disaient que c'est normal, que c'est le mariage, qu'il faut supporter. Et je me demande combien d'entre elles savaient qu'elles avaient le droit de ne pas supporter, que Dieu lui-même leur avait donné ce droit.

— Regarde l'exemple du Prophète Sallalahu 'Aleyhi wa Salam avec ses épouses. Il les consultait, il les aidait dans les tâches de la maison, il leur exprimait son amour. Il a dit que « le meilleur d'entre vous est celui qui est le meilleur envers sa femme. » Est-ce qu'on entend ça aujourd'hui dans nos foyers ? Est-ce qu'on voit des hommes qui honorent leurs femmes, qui les protègent non pas par possession mais par respect ?

Je ne réponds pas mais intérieurement je sais que la réponse est rare. Trop rare.

— Et regarde ce qu'Allah a accordé à Mame Diarra Bousso que nous venons de visiter. Elle a été aimée, respectée et honorée. Et Allah lui a donné un fils dont le nom résonne dans le monde entier jusqu'à aujourd'hui. Ce n'est pas un hasard Salma. Et sa mère à elle, Sokhna Awa Ndiaye, femme de foi et de vertu, a élevé une fille qui est aujourd'hui une référence pour toutes les femmes du monde. Une mère aimée, respectée et honorée dans son foyer, c'est ça qui fait les grandes destinées. Les grandes femmes ont toujours été derrière les grandes destinées parce qu'on les a aimées comme elles méritaient d'être aimées !

Il me regarde une dernière fois avec cette douceur tranquille qui lui est propre.

— L'amour doit être la base fondamentale de tout foyer, pas l'obligation, pas la peur. L'amour... et c'est dans cet amour sincère et partagé que les enfants bénis voient le jour. Djigenn meunoul sakou lenn loudoul ndjabot gou bakh ci seuyeum sou deguo rek Ya'Allah nangou ! Une femme ne peut rien solliciter de plus précieux que d'avoir une descendance vertueuse dans son foyer ; dès lors qu'elle est en harmonie avec son époux, Dieu exauce ses vœux. Soxna ci teud fi nangou moko may li et c'est la plus belle récompense dont une femme puisse rêver. Des enfants bénis et respectés. Yalnalaka Ya'Allah may !

— Amine Ya Rabi !

— Une petite anecdote avant de terminer. Un homme se promenait toujours nu dans les rues de son village. À chaque fois qu'on lui offrait des habits il s'empressait de les enlever. Un jour le Sheikh le vit et ôta son propre boubou pour le couvrir mais l'homme l'enleva aussitôt. Le Sheikh insista deux fois de suite, en vain. Il lui demanda alors pourquoi il refusait de se vêtir. L'homme répondit : « Un jour ma mère a trouvé mon père en train de prendre sa douche. Elle a pris ses habits accrochés sur la clôture et s'est enfuie avec. Depuis ce jour je ne peux plus porter un seul habit, j'ai l'impression qu'ils me brûlent le corps. »

Je reste silencieuse un moment laissant l'histoire résonner en moi.

— Tu vois Salma prends garde à tes agissements envers ton mari. On avait aussi demandé au Sheikh d'où lui venait sa grandeur spirituelle, si son père était unique en son genre dans son village. Et il répondit, Gnou melni sama baye beuri nanou sama deuk wayé kou melni sama ndeye benn lafa ! Mon père il en avait des semblables au village mais ma mère elle était unique. C'est elle qui a fait de moi ce que je suis. Tu vois Salma ce sont les femmes qui élèvent les hommes. Une mère aimée, respectée et honorée dans son foyer fait de ses enfants des êtres exceptionnels. C'est pour ça qu'on vous élève, qu'on ne vous abandonne jamais !

Je baisse la tête, les larmes coulent doucement sans que je cherche à les retenir. Je pense à ma mère, à mon père, à tout ce qui aurait pu être différent si j'avais su tout ça plus tôt.

— Mais Imam j'en connais des femmes qui ont tout sacrifié dans leur mariage, des femmes soumises entièrement dévouées qui ont pourtant eu des enfants perdus. Je n'ai jamais entendu ma mère lever la voix sur mon père et pourtant...

— Arrête Salma, me coupe-t-il doucement mais fermement. C'est une question que beaucoup de femmes se posent et je vais y répondre honnêtement. Une femme peut être parfaite dans son foyer, soumise, dévouée, aimante et voir quand même ses enfants se perdre. Pourquoi ? Parce que le mariage c'est deux personnes. Deux ! Et si l'un des deux n'honore pas ses engagements devant Allah, si l'homme manque de respect, s'il humilie, s'il blesse, s'il trahit, alors tout l'effort de la femme ne suffit pas à combler ce vide-là. Un enfant ressent tout. Il voit sa mère souffrir même quand elle se tait. Il grandit dans cette douleur sans nom et parfois il se perd dedans. Ce n'est pas la faute de la mère. C'est la faute du déséquilibre. C'est pour ça que je dis que le mariage c'est deux personnes qui s'engagent ensemble devant Dieu. Pas une femme seule qui porte tout.

Il marque une pause et reprend plus doucement.

— Salma dioulit dafay moytou akh nakh akh dalay topou ba seuy diourom niari seut. Un musulman ne doit jamais faire de tort à son prochain car cela le suivra jusqu'à ses sept descendances. Lo yéné sa dom, yéné ko domou diambour soko défoul say dom lay keupou ak lou seuy bi rafet ! Ce que tu souhaites aux enfants des autres reviendra sur les tiens. Que tes actes envers tout le monde soient sincères et tu verras que tout ce que tu toucheras sera béni. Dieu est juste et Il voit tout, ne l'oublie jamais. Voilà les véritables secrets d'une descendance bénie.

— J'y veillerai Imam !

Il se lève lentement, époussette son boubou blanc et me regarde avec ce calme qui lui est propre, ce calme qui ne ressemble à rien d'autre qu'à la paix.

— Légui nak yéwi nala ! On retourne à Dakar et tu reprends ta vie !

Je le regarde, déstabilisée.

— Dakar... déjà Imam ?

— Oui ! Tu n'as plus rien à faire à Gaya. Oumou a déjà rangé tes affaires, elles sont dans le coffre de la voiture !

Il n'a pas encore fini sa phrase que je l'interromps.

— Je vais revoir Rachid ?

— Quel Rachid ? Je t'emmène chez tes parents, c'est là que tu dois être ! Et je ne veux pas te voir t'approcher de Rachid, compris ? S'il t'aime vraiment il viendra demander ta main à ton père, sermonne-t-il, catégorique.

— Oui Imam... mais j'en veux beaucoup à mes parents. C'est vrai que je ne leur facilitais pas la tâche mais ils auraient pu m'aider à guérir au lieu de me jeter à la merci de la rue !

— Ne te laisse pas consumer par la rancune même si tu as raison sur toute la ligne. Je vais m'occuper de ça et tout se passera bien In Shaa Allah. Allez... en route !

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