Quelques heures plus tard, les deux policiers se retrouvent au commissariat. Dans la salle principale, sur un panneau de verre, Jean Berbero, l’inspecteur de police, la photo du malheureux trouvé mort ce matin. Les gens interrogés sur le port, n’ont pas permis d’identifier le jeune homme assassiné et il n’avait pas sur lui de papiers d’identité.

Les caméras vidéos du port montrent le déroulement du crime mais sous un angle flou et éloigné. Il n’est donc pas possible de distinguer le ou la coupable, nettement.

Ce qu’on peut comprendre d’après le film, c’ est que le jeune homme est venu accompagné d’une autre personne sur les quais vers une heure du matin. Celle qui l’accompagne semble nerveuse et semble très agitée. Est-ce une femme ? Un homme ? On ne peut le distinguer nettement. C’est en tous cas, un individu aux cheveux courts cachés par une casquette. Ses vêtements semblent très amples et on ne peux observer sa silhouette. Cette personne a, dirait-on, sorti de sa poche une lame. Est-ce un couteau simple canif ? Est-ce un couteau à cran d’arrêt ? Ce n’est pas visible sur la vidéo. Elle donne un coup à son compagnon, le jeune trouvé mort, alors qu’il semble vouloir lui arrache un baiser par la force.

Jean Berbero et Louis Despoc discutent. Ils font le point ensemble sur l’enquête.

__ Nous avons un homme de type eurasien, d’environ vingt ans, assassiné vers 2h00 ce matin, sans doute avec une arme à lame blanche. Il a été frappé au ventre et au cœur. Le film d’une caméra de surveillance du port montre que quelques minutes avant de recevoir à deux reprises dans le corps la lame d’un coup de couteau, le jeune homme avait tenté d’embrasser un individu.

__ Cette personne n’est pas visible clairement sur le film: ce peut être un homme ou une femme. Elle semble être menue et frêle et avoir les cheveux courts.

Sur ces entrefaites, les deux hommes sont interrompus par un coup de fil du légiste qui les invite à venir le voir. Ils sortent des salles principales du commissariat, suivent un couloir et descendent des escaliers pour arriver dans les profondeurs du bâtiment. Ils débouchent enfin dans une salle à l’atmosphère sinistre : la morgue. Samuel Protec, le légiste les accueille aimablement. Il est toujours habillé d’une combinaison blanche, qui l’enveloppe entièrement du cou aux pieds. Pour venir saluer ses deux collègues, il contourne des tables rectangulaires. Sur l’une d’entre elles, sous une couverture blanche, repose le corps d’un jeune homme assassiné.

__ Re-bonjour, approchez ! J’ai quelques chose à vous montrer.

__ Quoi donc, demande Jean Berbero ?

__ En examinant le corps, j’ai trouvé plusieurs choses intéressantes :

1) La jeune portait ce médaillon creux, comprenant deux photos ! Cela pourrait nous aider à l’identifier. Tenez !

__ Certes, cela va nous aider !

__ 2) Il porte un tatouage à la base du cou, sur l’épaule, il s’agit de volutes, dans lesquelles se sont glissées les lettres colorées du prénom Sandrine.

__ 3) Pour ce qui concerne les deux blessures elles-mêmes, elles ont toutes les deux été faites avec la même arme. Ce doit être une arme blanche dont la lame a perforé, dans un premier temps, le ventre, en touchant le foi et la vésicule biliaire, sans provoquer la mort, et dans un temps, le cœur de plein fouet. La mort n’a pas due être brutale, mais le pauvre malheureux a bien du agonisé seul pendant des heures.

__ Merci pour tous ces renseignements. C’est tout ?

__ Oui, je pense !

Après cet échange riche d’enseignements pour les deux policiers, ces derniers sortent de la sinistre salle. Jean desserre le col de sa chemise qu’il avait boutonné consciencieusement, pour se protéger du froid de la morgue. Avec Louis, il remonte au premier étage du bâtiment.

Ils se mettent à discuter à nouveau, devant le panneau de verre ; après concertation, ils décident de faire un appel à témoin pour, à la fois trouver l’identité du mort et trouver les personnes présentes sur les photos du médaillon.

A côté de cette démarche, Louis décide d’enquêter sur le tatouage. En enquêtant depuis son bureau, il finit par découvrir au bout deux heures sur internet, une boutique, située dans un quartier reculé de la ville, où on réalise des modèles de tatouages en forme de volutes, le lieutenant se rend dans l'après-midi, dans cette échoppe.

Là-bas, il y trouve des informations intéressantes. Il y a deux jours, un jeune homme, effectivement de type eurasien, est venu dans la boutique. Si on en croit les vendeurs, le garçon qui a payé par chèque, se nomme Armin Polina. Il a, enfin avait, tout juste vingt ans. Si on en croit le peu d’explications, qu’il a bien voulu donner au tatoueur, il aimait une fille du nom de Sandrine. Qui était ce ? Qui était ce une fiancée ? Une parente ? Il ne l’a pas précisé.

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