Alors qu’ils discutent encore une fois, une sonnerie de téléphone retentit dans la pièce. Machinalement, Jean décroche le combiné. Au bout du fil, une voix affolée résonne au milieu de sanglots :

__ Par pitié, vite, venez place de la mairie: une fille vient de se faire enlevée !!

__ On arrive !!!

Partant en vitesse du commissariat, Jean, avec Louis, encore une fois, prennent une voiture et se dirigent vers l’autre bout de la ville, cette fameuse place de la mairie.

Arrivés sur place, les deux policiers sont abordés par une femme d’environ trente-cinq ans. Sur un ton panique , elle s’adresse à eux :

__ Bonjour, vous êtes policiers ?

__ Inspecteur Jean Berbero et Lieutenant Louis Despoc ! Que voulez-vous ?

__ Il y a une heure environ, j’ai assisté à une scène angoissante.

__ C’est à dire ?

__ Une jeune fille d’environ dix huit ans, très belle et habillée à la dernière mode : jean moulant et débardeur clair, marchait tranquillement devant moi, dans la rue. Elle avait des écouteurs dans les oreilles dissimulées par des cheveux courts. Soudain, une voiture qui roulait à grande vitesse s’est arrêtée à sa hauteur. Deux hommes masqués en sont descendus très rapidement. Ils ont attrapé la fille et l’ont forcé à monter dans la voiture, qui a démarré au quart de tour et a disparu en quelques secondes dans la direction du port.

__ Pouvez-vous me décrire les deux hommes ?

__ A peine, tout s’est passé si vite ! L’un était blond, je crois, et portait un blouson de cuir noir et un jean clouté. Il était de taille moyenne, peut-être de 1m75. Le second portait une tenue en cuir, qui l’enveloppait entièrement. Il avait un casque noir de motard, la visière cachait son visage.

__ Très bien ! Au cas où, avez-vous eu le temps de noter la plaque d’immatriculation ?

__ Tout est allez si vite… J’ai juste vu les premières lettres CB….

__ C’est déjà un indice, merci, répond Jean en notant ces informations sur son calepin. Nous devons vous demander de passer au commissariat pour signer votre déposition.

__ Bien sûr, pas de problèmes.

Sur le sol, Jean et Louis découvrent un mouchoir tombé par terre. Il semble être imbibé de chloroforme qui aurait pu être utilisé pour enlever la jeune fille.

Une fois ces constatations faites, et après avoir interrogé les passants et les commerçants avoisinants, sans avoir obtenu d’informations supplémentaires, les deux policiers reprennent leur voiture pour rentrer au commissariat.

Ils ont à présent deux enquêtes à résoudre, à mener en simultané : Le meurtre du jeune eurasien sur les docks et l’enlèvement de la jeune fille sur la place de la mairie.

Les objets concernant les enquêtes sont regroupés dans les bureaux des spécialistes au deuxième étage du commissariat. Les enquêteurs les examinent en détails.

Sur le médaillon de la jeune victime, ils découvrent des empreintes de mains nettes: deux mains ont touché cet objet.

En parallèle à cet examen, les policiers ont aussi examiné le mouchoir imbibé de chloroforme. Ils découvrent que le produit utilisé est d’origine commune, donc à première vue, on ne peut savoir d’où il provient. Ce qui est surprenant, c’est la présence d’empreintes nettes. Là encore, il y en a de deux sortes. Chose curieuse qui intrigue les spécialistes scientifiques, c’est que l’une d’elle est identique à l’une des empreintes trouvées sur le médaillon. Les deux enquêtes seraient elles liées ? L’avenir le dira.

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